Les musulmans devaient renouer avec leur site sacré après deux semaines de boycott, mais les retrouvailles ont été plus compliquées que prévu, le 27 juillet à Jérusalem.

Ce 27 juillet a été l’aboutissement d’un bras de fer entre les autorités musulmanes de Jérusalem et Israël, autour de l’installation de portiques détecteurs de métaux à l’entrée du site religieux. La mesure, défendue par Israël après l’intrusion le 14 juillet d’hommes armés sur les lieux, qui s’y réfugiaient après avoir tué deux policiers israéliens, a été rejetée fermement par les Palestiniens, musulmans comme chrétiens.

Après deux semaines de boycott tendu de l’accès à l’esplanade des mosquées, Israël a fini par reculer, le mercredi 26 juillet. Loin d’être aussi dérisoire qu’il n’y parait, cet épilogue a été vécu comme une victoire symbolique du côté palestinien, et célébré comme tel le lendemain, lorsque les fidèles sont retournés prier sur place.

Mais les heurts qui ont éclaté avec la police ont finalement conduit à la fermeture par Israël du site aux hommes de moins de 50 ans. Retour sur une journée contrastée.

13h35. Joie palestinienne au parking du waqf, près de la porte du Lion. Conformément à l’annonce du retrait des portiques détecteurs de métaux par Israël la vieille, les fidèles retournement sur l’esplanade des mosquées pour la prière de ‘Asr, vers 15h.

15h42. Déconvenue : au moment d’entrer, les premiers à investir l’esplanade comprennent que les autres portes ne sont pas ouvertes. « Israël n’a pas tenu sa promesse », maugrée-t-on dans la foule.

15h52. À l’entrée de la porte du Lion, une chaîne humaine se forme pour empêcher l’accès au site, tandis que le mot d’ordre « pas d’entrée » circule avec vigueur et détermination.

16h03. De longues discussions au cœur de la foule s’engagent alors entre les responsables religieux palestiniens et la police israélienne.

16h13. Échec des discussions oblige, Muhammad Ahmad Hussein, le mufti de Jérusalem, quitte les lieux sous le regard contrit de la foule, contrainte de ravaler sa victoire…

16h20. Coup de théâtre : la police israélienne rappelle le religieux. En deux minutes, elle cède aux revendications palestiniennes.

16h24. L’homme, quoique réservé, est porté à bout de bras dans une foule en liesse, qui remporte là sa deuxième victoire en deux jours sur la puissance occupante.

16h29. Entrée victorieuse vers le dôme du rocher. À peine entrés, plusieurs hommes se prosternent sur le sol du site, considéré comme le troisième lieu saint de l’islam.

16h35. Quelques volontaires tiennent à l’écart les individus les plus excités du rang de policiers anti-émeutes disposés le long du mur, tandis que les premiers drapeaux palestiniens commencent à sortir.

16h44. Du côté de la mosquée Al Aqsa, le drapeau palestinien est hissé dans la ferveur générale. La scène prendrait presque des allures de prise de la Bastille. Annexés depuis 1967 par Israël, les quartiers palestiniens de Jérusalem font cette fois vaciller le contrôle de l’État hébreu.

17h07. Premières inquiétudes : tout le monde n’a pas eu le temps de se mettre en place pour la prière que déjà vers le dôme du rocher les policiers israéliens se mettent en position d’intervenir, parfois l’arme pointée vers les fidèles.

17h10. La prière se déroule sans incident, mais la présence policière se densifie. Nombreux aussi sont ceux qui ne font pas la prière, contemplant simplement ces quelques moments de liberté retrouvée.

17h26. Dès la fin de la prière, résonnent au loin les tirs liés à d’autres terrains de heurts. Sur l’esplanade, après s’être réuni en grand nombre, les policiers israéliens refluent les fidèles vers la mosquée Al Aqsa à l’aide de grenades assourdissantes tirées au hasard dans la foule.

17h40. Progressivement, le cordon policier repousse les fidèles hors de l’esplanade du dôme du rocher. La foule s’agrège sur les marches qui descendent vers la mosquée d’Al Aqsa, où le drapeau palestinien flotte encore.

17h59. La scène se cristallise un moment, puis les policiers refluent vers le dôme du rocher. Les cris de victoire surgissent des rangs palestiniens. Les plus calmes forment un cordon pour empêcher que les plus vindicatifs n’aillent provoquer les policiers. La ligne israélienne se stabilise un tout petit peu plus en retrait.

18h23. Les plus calmes forment un cordon pour empêcher que les plus vindicatifs n’aillent provoquer les policiers. La ligne israélienne se stabilise un tout petit peu plus loin.

18h27. Des accrochages personnels éclatent occasionnellement entre un fidèle palestinien et un policier israélien. Si cela dégénère, les policiers israéliens tirent une grenade assourdissante, créant une scène de panique.

18h40. L’un des accrochages entre un policier et des fidèles dégénère, alors l’un des policiers lance une grenade assourdissante dans la foule, contre le mur du dôme du rocher. Nouvelles scènes de panique.

18h45. C’est le moment de l’assaut général pour la police, qui tire de nombreuses grenades assourdissantes et évacue rapidement l’esplanade du dôme du rocher, puis les abords de la mosquée Al Aqsa.