Dans l’enclave de Melilla, aux marges d’une Espagne frappée par la crise, de plus en plus de Marocains cherchent à vivre tant bien que mal de la frontière.

Collé contre la frontière, sur un grand parking envahi de marchands ambulants, le marché informel de Joutia, tout près du poste-frontière de Bni Ansar, principal point de passage dans l’enclave espagnole, au Sud, fait figure de sas entre le Maroc et l’Espagne. On y trouve des produits généralement d’occasion (vêtements, chaussures, jouets, bijoux bas de gamme) sur des bâches posées à même le sol. Les commerçants crient en darija leurs prix, le plus souvent en dirhams, quelquefois en euros, à une clientèle presqu’entièrement marocaine. A l’entrée de ce marché aux allures de Derb Ghallef casablancais ou de Casa Barata tangérois à ciel ouvert, des femmes en jellaba, assises sur un tabouret, vendent des cigarettes à l’unité, tandis que des hommes vendent des gâteaux, barres chocolatées et boisson gazeuses qu’ils stockent dans des caddies de supermarché que seul un parasol vient protéger du soleil.

La plupart de ces denrées proviennent des nombreux entrepôts de gros qui jouxtent le marché sur plusieurs hectares, et qui les ont écoulées à prix cassé à l’approche de la date de péremption (ce que nous confirme volontiers l’un d’eux). A en croire Hicham, l’un des marchands de Joutia, certains parviennent même à déguiser l’emballage pour modifier la date qui y est indiquée. Lui n’est pas un Melillense, un citoyen espagnol de Melilla. Quinquagénaire originaire de Meknès, Hicham, « comme le tiers des marchands ici », n’avait même pas le précieux passeport délivré aux habitants de Nador et des environs pour rentrer ici. « J’ai payé ma carte de résident directement auprès du moqaddem », raconte-t-il, se rappelant avoir payé 500 dirhams (45 €) pour cela. Pour d’autres, il aura fallu débourser 1 300 dirhams (120 €). Hicham renchérit : « Avec le déplacement, la carte nationale et le passeport, en tout ça m’a coûté 1 000 dirhams », se rappelle-t-il amèrement.
Avec le précieux sésame, lui qui est diplômé de littérature moderne vient désormais chaque jour tenter de donner une seconde vie aux bijoux et jouets de seconde main dénichés de l’autre côté, à Bni Ansar, et qu’il parvient à fourrer dans sa grande bâche en toile cirée. Ce jour-là, il n’aura fait que 160 dirhams (15 €) de bénéfice. Une mauvaise journée.
A quelques centaines de mètres de là, un autre marché, celui de Barrio chino, encore en périphérie de la ville à proprement parler et à tout juste 5 minutes à pied du poste-frontière de Bni Ansar, est lui aussi majoritairement marocain. Chaque jour, on y vend principalement des vêtements. Mais là, il s’agit de vrais stands, qui permettent d’accrocher les vêtements sur des cintres et non sur le sol. On y trouve quelques clients espagnols, venus en bus du centre. Mais comme il s’agit d’un marché déclaré, les commerçants doivent payer : pour un stand de 4m², un commerçant nous déclare débourser 12 € par mois à la mairie, auxquels s’ajoutent 60 € pour la coopérative dont ils font partie, et 10 € de transport. Et le tout pour un chiffre d’affaires en baisse continue, en particulier depuis deux ans, nous explique-t-il.

Barrio Chino

Le marché légal de Barrio Chino. Crédit : AD

Afflux de Marocains vers le (très relatif) Eldorado de Melilla

Le tissu économique de Melilla ne laisse guère de perspectives, y compris pour les Espagnols eux-même, confrontés à un fort chômage. On dénombre dans l’enclave 35,4% de demandeurs d’emplois au premier trimestre 2015, bien au-delà de la moyenne nationale, établie à 22,7% en avril 2015.

Chez les Marocains de Melilla, qu’ils soient natifs de l’enclave (et donc citoyens espagnols), originaires des communes de la province de Nador ou qu’ils proviennent de tout le Maroc, nombreux sont ceux qui triment dans des petits boulots. Et la concurrence devient rude, tandis que de nombreux indicateurs témoignent de l’arrivée régulière de nouveaux Marocains, issus de régions lointaines et non des seuls abords de l’enclave.
Le 10 juin dernier, le syndicat d’infirmières Satse tirait ainsi la sonnette d’alarme sur le « tsunami » de naissances à Melilla survenant « de la part de populations non enregistrées », majoritairement des Marocains. Les statistiques officielles indiquent qu’en 2014, sur 2 757 naissances, 1 741 concernaient des étrangers (la double nationalité maroco-espagnole n’existant pas), presqu’exclusivement des Marocains. Dans les rues de Melilla, on croise facilement de nombreux Marocains qui n’en sont pas résidents, mais qui sont soit des villes avoisinantes, soit qui en ont acquis les papiers, quitte à migrer pour cela qui de Khouribga, qui de Larache ou encore de Kénitra.

Dans ce contexte économique difficile, quelques moul zri3a (vendeurs de fruits secs) ambulants font chaque soir le tour des bars, tandis que d’autres, les plus visibles dans l’espace urbain tant ils sont nombreux, collectent les ordures, en particulier les bouteilles en plastique, pour les revendre à Bni Ansar.
C’est surtout à partir de 21h, chaque soir, alors que les Espagnols sortent promener leur chien, qu’on voit ces nombreux bouaras patrouiller dans les rues de Melilla le dos recouvert de packs d’eau vides, allant de poubelle en poubelle, et ralliant progressivement le poste-frontière. Comme les Melillenses respectent l’obligation légale de ne déposer leurs ordures qu’après 19h, ils ne peuvent guère les collecter plus tôt.

Le soir, à Melilla, impossible de rater les ramasseurs de bouteille en plastique. Crédit : AD

Le soir, à Melilla, impossible de rater les ramasseurs de bouteille en plastique. Crédit : AD

D’après Mohamed, l’un d’entre eux, originaire de Berkane mais habitué à cette vie depuis 1996, ce sont ainsi près de 200 bouaras qui recyclent les déchets que produit la population de Melilla. Les packs d’eau, revendus un dirham l’unité à Bni Ansar, seront ensuite remplis par leurs acquéreurs de l’eau des sources de Fezouane (près de Berkane), Aïn El Hamra (près de Taza) et Moulay Yaacoub (près de Fès), auxquels on prête des vertus curatrices, notamment contre les calculs rénaux. Ce travail permet à Mohamed de gagner à peine 20 € par semaine, soit moins de 210 dirhams.

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Si les bouteilles en plastique représentent leur marchandise la plus volumineuse, les bouaras collectent toutes sortes de déchets. Crédit : AD

Voir le reportage vidéo de Cablemel TV, la télévision locale, sur l'essor de la prostitution à Melilla (en espagnol).

Voir le reportage vidéo de Cablemel TV, la télévision locale, sur l’essor de la prostitution à Melilla (en espagnol).

Pour les femmes, la précarité peut aller jusqu’à les pousser à se prostituer, auquel cas on les trouvera en tenue légère faire le trottoir du côté de la rue Aragon, dans le quartier modeste El Real, à proximité des cités dortoirs de Barrio chino, mais relativement proche du centre ville. D’après les informations collectées par la police nationale espagnole, « la majorité des femmes qui se consacrent à la prostitution à Melilla sont marocaines et elles y rentrent en étant [titulaires de la carte de résident] des alentours de la ville ».
D’après les plaintes enregistrées par la police de Melilla, le phénomène serait en augmentation depuis deux ans. Pour Isabel Torrent, représentante de l’association Melilla Acoge, « la quasi totalité des prostituées de la ville est d’origine marocaine ».

Le chaos habituel de la contrebande

Dans ce sombre panorama, nombreux sont ceux qui n’ont d’autre choix que de se tourner vers le commerce frontalier, le trabando.

9h du matin, à quelques centaines de mètres du poste-frontière de Farhana, à l’est de l’enclave, quasi-bloqué par une longue file de voitures immobiles. Adossé à sa voiture en attendant que s’ébranle le convoi, Aïssa, 28 ans, natif de Melilla, explique dans un castillan parfait son aversion pour son travail. Il fait partie des milliers de conducteurs qui transportent la marchandise que son dueño (patron) lui remet, avec la voiture, pour traverser la frontière : « J’en rêve la nuit de cette merde, tu te rends compte ? C’est pas une vie, ça n’a aucun sens ».
Une vie consistant à arriver vers 8h du matin aux abords de la frontière, bien qu’elle soit encore fermée. Mais il faut être le premier à passer, pour espérer avoir le temps de faire une seconde traversée dans la journée. Alors les voitures viennent, nombreuses, s’aligner à la queue-leu leu sur une route bien trop étroite.
La police y a alors tout loisir de délivrer des amendes : une par voiture, et ce sur… plusieurs kilomètres. Quelquefois « ils délivrent environ 5 amendes et s’en vont ailleurs dans l’enclave », explique l’un des conducteurs, « quelquefois ils en délivrent à la chaîne », nous assure un autre. Une source de recettes quotidienne pour la police locale, assurée par le trouble à la circulation dûment constaté, le bus reliant le poste-frontière au centre-ville passant en effet très difficilement sur cette route étroite.
Submergés par le trafic, les policiers du syndicat CCOO ont même alerté les autorités face à une situation qui évoque « un passage digne du tiers-monde plutôt qu’une frontière européenne ».

Les policiers hèlent les automobilistes, vont même dénicher ceux qui se sont stationnés sur un terrain vague à côté de la route, le tout la matraque à la main. Ce n’est que lorsque qu’ils aperçoivent un journaliste qu’ils la rangent alors contre leur hanche, suivant d’un regard attentif les moindres déplacements de cet observateur inattendu. Auprès des conducteurs, de nombreux témoignages concordent pour faire état de coups de matraque très fréquents à l’égard de tous ces mal stationnés.

Le rituel évolue vers 9h30 / 10h, quand la douane marocaine se décide à laisser passer les véhicules. Les voitures de police espagnole quittent alors les lieux. Le ballet des voitures commence donc, dans un chaos de klaxons, accélérations subites, tentatives de dépassement audacieuses, avec son lot d’engueulades et de bras jetés vers le ciel avec rage.

Au croisement où la police était stationnée, une voiture s’approche et demande à un quidam si la police est bel et bien partie : ce conducteur-là a refusé l’éventualité d’intégrer la multa (amende) de 100 € dans ses frais de traversée. Il devra en revanche rejoindre le bout de la file, désormais longue de plusieurs kilomètres.
Le poste-frontière de Farhana voit passer chaque jour 2 000 voitures, ainsi que 10 000 personnes et 250 deux roues, a indiqué en juin dernier Abdelmalik El Berkani, délégué du gouvernement à Melilla.

Victime de son succès, le trabando étouffe

Les voitures, pour passer la frontière, doivent s’assurer que la police marocaine ferme les yeux. Le conducteur n’aura rien à faire pour cela : c’est le dueño, de l’autre côté de la frontière, qui s’en occupe. En fin de journée, expliquent différents conducteurs, les policiers marocains vont voir les dueños, à Farhana, pour leur soumettre la liste des voitures affrétées par leurs soins qu’ils ont laissées passer durant la journée (chaque conducteur indiquant donc au policier marocain le nom de son dueño). La nature de la marchandise, le volume transporté, rentrent en compte dans la grille tarifaire des policiers.

Un business bien rôdé, mais qui est victime de son succès. Un autre conducteur nous l’assure : « Avant, on était moins nombreux : on pouvait faire trois ou quatre traversées par jour. Mais désormais, une, deux pour les plus chanceux ». Une traversée qui peut rapporter de 15 à 40 €, en fonction de la marchandise. Pointant du doigt la file interminable des voitures, il s’étonne : « Il y a un an, on n’était pas la moitié de tout ça ! ».

A proximité du poste-frontière de Bni Ansar, les vestiges d’une précédente version du poste-frontière a laissé d’anciennes voies pour le passage des voitures, avec bitume et plots de séparation. Cela signe le début d’un vaste terrain vague appelé « ljardin ». Ici, au moins, pas de problème pour stationner et charger le véhicule, si la place manquait pour se garer devant l’entrepôt.

Là, une dizaine d’hommes s’affaire à maximiser le volume de la cargaison embarquée dans leur voiture. L’une d’elle, capot grand ouvert, est remplie de boîtes de thon, intercalés dans les moindres interstices que le moteur de la Mercedes 240 D a laissé. Le tout au grand jour.

 

Même les interstices du moteur deviennent un espace de stockage. Crédit : AD

Même les interstices du moteur deviennent un espace de stockage. Crédit : AD

C’est ainsi chargés que les conducteurs se présentent au poste-frontière, se faufilant parmi les nombreux porteurs.

Aucun espace n'est laissé inexploité, pour rentabiliser la traversée. Crédit : AD

Aucun espace n’est laissé inexploité, pour rentabiliser la traversée. Crédit : AD

 

Pour ces derniers, chargés de toutes sortes de marchandises (lots de papier hygiénique, pâte à tartiner, de boissons diverses jusqu’à de l’électroménager – télévisions surtout –, tous les postes-frontière sont valables pour faire passer la marchandise à pied (Barrio chino et Mariwari, ainsi que Bni Ansar et Farhana, seuls ces deux derniers étant aussi des points de passage pour les véhicules).

Comme pour leurs confrères chauffeurs, il leur faudra s’acquitter d’un bakchich auprès des douaniers marocains pour échapper aux droits de douane. « Il faut payer environ 30 dirhams pour un grand sac plein de vieilleries / vêtements usagés, 2 dirhams pièce pour des petits articles neufs, 20 dirhams pour une couverture et de 20 à 50 dirhams pour un téléviseur, en fonction de son ancienneté », explique l’un des porteurs.

Hommes comme femmes (les « femmes-mules », nombreuses étant celles qui marchent courbées, avec un lourd bagage comme un téléviseur sur le dos), ils sont toutefois particulièrement nombreux au poste-frontière de Bni Ansar, proche de nombreux entrepôts.

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Le dos chargé de produits divers dont de l’électro-ménager, les femmes-mules patientent longtemps ainsi chargées. Crédit : AD

La main sur le gourdin

Mais si à ce poste-frontière, les voitures stationnent sans déranger la circulation, ce sont les porteurs qui sont l’objet des attentions policières. Là encore c’est avec le gourdin prolongeant naturellement leur main que les policiers espagnols envisagent leur travail. Ils forment une première file d’attente de porteurs (qui peut atteindre jusqu’à 100 personnes), accordant au compte-goutte le droit de rejoindre la seconde ; pour la rejoindre, nombreux sont ceux qui courent, tellement leur bagage est instable, posé sur d’antiques roues de patins à roulettes ou tant bien que mal sur un skateboard. « Quand c’est trop désordonné ils frappent », assurent plusieurs porteurs, qui dénoncent au passage le racisme de ces policiers, prompts aux formules hautaines.

Au terme de cette seconde file (d’environ 80 personnes), on trouve un passage dérobé, parallèle au poste-frontière lui-même. Une sorte de Bni Ansar bis spécialement prévu pour les porteurs et la contrebande, qu’ouvrent au compte-goutte là encore les policiers espagnols, qui continuent de tenir en respect la foule de leur matraque pour éviter le moindre mouvement de foule.

De quoi faire apparaître la contrebande comme quasi-organisée par les autorités espagnoles. Lesquelles ne sont pas non plus sans ignorer les hectares occupés par des entrepôts divers qui ne vendent que des marchandises en gros, justement à proximité du poste-frontière de Bni Ansar. Palettes, cartons, transpalettes et chariots élévateurs y compliquent la circulation dans des rues de quartiers aux allures de stocks de supermarché, si ce n’est que ce sont des particuliers qui viennent s’y fournir. Heureusement, la municipalité y envoie les services de propreté nettoyer ces rues.

Un gérant espagnol de l’un de ces entrepôts nous explique : « Moi ce que je fais est parfaitement légal, je ne fais que vendre en Espagne ! Même si 100% de mes clients traversent ensuite la frontière sans payer les taxes… » Car ce qui explique l’attractivité des produits espagnols et l’ampleur du trabando, c’est l’Ipsi, une TVA préférentielle dont les entreprises de Melilla (comme de l’autre enclave, Ceuta) bénéficient sur leurs achats. Cette dérogation, accordée pour compenser l’éloignement de l’enclave vis-à-vis du « continent » comme disent les Melillenses, permet à tous ces entrepôts d’acquérir leurs marchandises « à 4% pour les biens qui se périment, à 7% pour les articles de droguerie / propreté, et de 10% pour le reste », nous explique Miguel Angel Fernandez, gérant de l’entrepôt Comercial Victoria, près du marché de Barrio chino. Une taxation préférentielle qui permet à ces produits d’arriver au Maroc à des prix défiant toute concurrence, et assurant un gain de pouvoir d’achat aux habitants du Rif / de l’Oriental (la TVA marocaine allant de 10 à 20%).

A qui profite la contrebande ?

Selon une étude de l’institut espagnol d’études stratégiques parue en janvier 2012, « les achats réalisés par Melilla à l’étranger favorisent la croissance économique du Maroc », l’étude calculant qu’avec 1% d’augmentation du volume des importations de Melilla, le PIB marocain s’accroît de 0,2%.
A en croire une autre étude, réalisée en 2002 par le chambre américaine de commerce de Casablanca, ce commerce de contrebande génère pas moins de 45 000 emplois directs et 400 000 indirects au Maroc.

Toutefois, pondère cette même étude, pour tout emploi créé dans le commerce de contrebande, 10 seraient détruits dans l’économie légale. Et ce seraient également pas moins de 15 milliards de dirhams (à l’époque) qui échapperaient chaque année au fisc marocain.

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Du côté espagnol, a priori la structure des échanges commerciaux de Melilla apparaît comme largement déséquilibrée, avec pour l’année 2014 officiellement 30,1 millions d’euros d’exportations seulement, contre 261,6 millions pour les importations.

Mais évidemment par définition ces statistiques ne prennent pas en compte le volume du trabando, qui est pudiquement appelé dans les deux enclaves de Sebta et Melilla « commerce atypique ». Lequel semble être une aubaine commerciale pour l’Espagne, à en croire Guillermo Martínez, ministre de l’Économie et des finances de la Communauté autonome de Ceuta, qui a estimé au début de l’année 2013 à 700 millions d’euros le volume des exportations pour chacune des deux enclaves espagnoles au Maroc.

Ainsi, dans le cas de Sebta, les recettes de l’Ipsi découlant de la consommation intérieure n’étaient en 2014 que de 26,3 millions d’euros, contre 64 millions d’euros pour l’Ipsi des biens exfiltrés vers le Maroc, a-t-il également indiqué.

Un trafic lucratif, à partir de biens pourtant difficilement commercialisables ailleurs. Car comme le souligne le journaliste Jesus Blasco De Avellaneda, figure locale de Melilla, les marchandises traversant la frontière « sont principalement des vêtements usagés et des pièces auto d’occasion, ou des articles de mauvaise qualité importés de Chine qui ne satisfont pas aux normes européennes », dénonçant que Melilla « nous sert [à nous, Espagnols] à refourguer nos déchets au Maroc ».

Une manne financière, autant pour l’Espagne que pour les douaniers marocains et quelques moqaddems de la région, assurée quotidiennement par le travail de fourmi de ces nombreux porteurs et conducteurs.

Melilla, forteresse européenne et comptoir commercial. Crédit : AD

Melilla, forteresse européenne et comptoir commercial. Crédit : AD